Comment je passais à côté du plus important (et pourquoi ça risque de vous arriver aussi) ?

Comment je passais à côté du plus important (et pourquoi ça risque de vous arriver aussi) ?

Longtemps, j’ai pensé savoir ce qui était important à mes yeux. Cette croyance est devenue plus forte lorsque j’ai compris l'avantage de le clarifier par écrit. Alors, je faisais des plans, mais leur mise en oeuvre échouait systématiquement. Une discipline me manquait : celle qui consiste à bloquer dans mon agenda des moments incompressibles à pour me consacrer pleinement à ce qui comptait le plus pour moi. En apprenant à le faire avec rigueur, l’important est ainsi devenu « l’importemps », et ça a tout changé. Hélas, c’est moins facile à faire qu’il n’y paraît.

Vous connaissez sans doute cette méthode qui permet de classer nos priorités selon leurs degrés d’urgence et d’importance.

Et vous aurez aussi constaté ce biais humain consistant à privilégier spontanément l’urgent à l’important. Je le vois chez les personnes qui entament un parcours de coaching avec moi. La majeure partie du temps qu’elles passent est partagé entre l’urgent-important (quadrant III) et l’urgent non important (II).

Malheureusement aussi, les moments parfois prévus pour l’important non urgent (le quadrant IV où se trouve le plus souvent ce qui compte le plus pour ces personnes) sont cannibalisés par des tâches futiles ou inutiles. C’est ce quadrant-là qui, en général, subit le plus les effets de la procrastination, cette mauvaise habitude trop répandue qui consiste à remettre au lendemain ce que l’on envisageait de faire, pour faire ce qui n'est au final ni important ni urgent (quadrant I).

Et je vous rassure tout de suite : organiser l’importemps et vaincre la procrastination sont des compétences qui s’apprennent. Elles jouent un rôle décisif pour notre épanouissement.

Cela vous intéresse ? Parlons-en sans tarder, c’est sans doute importemps !

 

 

Photo : Jeremy Bishop / Unsplash

 

Pourquoi devrions-nous tous devenir des entrepreneurs positifs (h/f) ?

Pourquoi devrions-nous tous devenir des entrepreneurs positifs (h/f) ?

Que vous soyez ou non dirigeant·e d'une entreprise, d'une organisation ou d'un département, ce qui suit vous concerne. Car il ne faut pas avoir le statut d'"entrepreneur" pour entreprendre des choses dans la vie ou devenir entrepreneur de sa vie.

Ça nous fait du bien

Déjà, à titre individuel, le jeu en vaut la chandelle, car, par cette prise en main de notre vie, celle-ci prend alors toute sa saveur et nous apporte satisfaction et bonheur.

Entreprendre, oui... Mais pas dans n'importe quel sens.

Aujourd'hui, il importe aussi que le bilan de ce que nous allons entreprendre s'avère positif (c'est-à-dire que cela génère plus de bienfaits que les ressources consommées) plutôt que négatif (quand c'est le contraire).

Il est temps pour chacun·e d'améliorer le monde !

Notre monde est dans un tel état que l'action de chacun·e est requise. Il en va de l'avenir de nos enfants et de nombreux écosystèmes.

A nous de nous retrousser les manches et d'apporter notre meilleure capacité à la restauration des équilibres du vivant et à la qualité durable de la vie sur terre.

Ce ne serait pas votre responsabilité ?

Mais c'est notre maison qui brûle ! Bien sûr, nous ne regardons plus ailleurs, comme le regrettait Jacques Chirac en 2002. Mais nos actions sont-elles à la mesure de l’incendie ? Certes, non, puisque ce dernier progresse sous des formes multiples : dérèglement climatique, inégalités, disparition des ressources et de la biodiversité, défis multiples pour l'éducation, la santé et la démocratie... 

Il y a le feu !  Et des entrepreneurs nous montrent peut-être la voie...

Face à ce monde qui se détériore, les entreprises sont poussées, elles aussi, à évoluer. Certains dirigeants le font à contrecoeur, forcés par leur environnement ou leurs parties prenantes.

Par contre, d'autres font de ce besoin de transformation un projet porteur de sens et de mobilisation, montrant que, par leur existence et leurs actions, leur entreprise apporte davantage au monde qu'elle ne lui prend.

Ils savent qu'il n'en va pas que de leur survie, mais aussi de l'avenir du monde et de l'humanité. 

Pour nous inspirer, j'ai organisé une rencontre en ligne avec 2 hommes qui ont changé leur vision de l'entrepreneuriat et se sont pleinement engagés à générer des impacts positifs : 

  • Emery Jacquillat, président de Camif et de la communauté des entreprises à mission (France) et

  • Guibert del Marmol, entrepreneur et conseiller de dirigeants, co-fondateur de la Fondation Lunt.

 

L'entrepreneuriat à mission - Pourquoi s'engager ?

D'abord, c'est essentiel, comme on le lit dans le livre Entreprises à mission et raison d'être :  "70% des salariés désengagés, de jeunes qui refusent d'entrer dans des grands groupes, le salariat qui ne fait plus recette, une image négative des entreprises sont autant de signaux forts et faibles qui invitent les entreprises à se réinventer pour être en adéquation avec les attentes sociétales.

Ensuite (et peut-être d'abord), comme on vient de le voir, il en va aussi de l'avenir du monde.

Enfin, par leurs vies et leurs parcours, Emery et Guibert nous montrent comment s'engager davantage, ce que ça produit comme effets, et ce que ça leur a apporté à titre personnel.

Pour assister à cette rencontre en direct (jeudi 23 septembre à 18h30) ou sa rediffusion, il suffit de s'inscrire en cliquant ici ; c'est gratuit.

Par la suite, la rencontre sera publiée sur ce site.

L’Ikigai n’est pas ce que vous croyez

L’Ikigai n’est pas ce que vous croyez

Contrairement aux idées reçues, en Occident, nous nous méprenons à propos de l’authentique Ikigai japonais. Pour des millions de personnes, il correspondrait à l’intersection de 4 cercles où nous pourrions découvrir comment faire quelque chose que nous aimons, pour lequel nous pensons être talentueux, dont le monde aurait besoin et pour lequel nous pourrions être payé.

Soyons clair, cela n'est pas l’Ikigai authentique.

L'Ikigai : un concept vaste et flou

Pour les Japonais, Ikigai est un mot d’usage courant et dont le sens est vaste et même flou, comme l’est pour nous le mot bonheur. Tout le monde sait de quoi on parle, mais chacun lui donne un sens particulier.

Au Japon, l’Ikigai s’apparente à une philosophie de vie à plusieurs composantes : des pratiques quotidiennes, le fait de vivre selon nos valeurs, l’engagement sincère dans des relations humaines profondes, un sens clair des rôles que nous décidons d’assumer dans la vie et une pression raisonnable auto-administrée en vue de réaliser nos élans de vie. C’est aussi un sentiment agréable lorsque nous vivons de la sorte.

Que nous apporte l'Ikigai ?

Pratiquer l’Ikigai peut aider à prolonger la vie et à en améliorer la qualité. Cela renforce notre motivation à progresser et notre résilience dans les moments difficiles. Nous avons alors le sentiment de nous réaliser pleinement, dans notre authenticité profonde.

Mais notre culture et la période actuelle nous mettent sous pression. Elles favorisent l’inquiétude, l'incertitude, le repli. Elles favorisent des comportements et attitudes néfastes tant individuellement que collectivement. Elles obèrent notre élan à être vraiment soi. L’Ikigai est un excellent remède à ce problème.

Une sagesse de portée universelle

La beauté de ce concept japonais est qu'il s'agit d'une expérience humaine universelle dont nous pouvons tous bénéficier.

Cela vous intéresse ? Je peux vous aider à trouver votre Ikigai. Parlons-en…

N'attendez pas "le bon moment" pour m'appeler.

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Réponses aux questions les plus fréquentes sur le coaching et les coachs

Réponses aux questions les plus fréquentes sur le coaching et les coachs

Ai-je besoin d’aide ? Et dans l’affirmative, plutôt celle d’un coach et d’un psy ?

Trop souvent, nous avons des scrupules à nous faire aider. On rame, depuis un certain temps. Une difficulté se répète, on se sent en souffrance, triste ou épuisé. Et on veut s’en sortir seul, par fierté ou honte, ce qui revient au même. Le souci récurrent est que, sans aide, on ne peut voir certaines causes de nos difficultés, certains mécanismes néfastes. Dès lors, on les reproduit et on s’enfonce. Alors, prenez votre courage à 2 mains et osez au moins demander à quelqu’un dont le métier consiste à aider les autres, s’il peut vous aider à vous en sortir.

Psy ou coach ?

Un psy a plutôt tendance à recevoir « un patient » qui nécessité un diagnostic et une intervention selon un modèle médical. Partant du présent, on plonge dans le passé pour rechercher les sources du mal.

Le coach, de son côté, considère son client comme une personne qui dispose déjà en elle (souvent inconsciemment) des idées et ressources pour faire face à ses défis. On regarde le présent et on éclaircit l’avenir désiré. Et on passe tout de suite à l’action en s’appuyant sur vos ressources propres.

Dès lors, un bon coach cultive 3 qualités aussi essentielles qu’étonnantes : la stupidité, la curiosité et la fainéantise. Sa première responsabilité est d’établir une alliance avec vous pour vous aider à identifier et reconnaître vos forces, faire grandir vos potentiels et vos talents en clarifiant l’avenir que vous désirez. Il pourra, si utile, partager des connaissance en psychologie, pour vous apprendre à corriger, par vous-même, vos biais de pensée ou vos comportements inappropriés.

Combien de temps dure un parcours de coaching ?

Il n’y a pas de règle, car de nombreux paramètres rentrent en considération. Un parcours de coaching peut se limiter à 1 ou 2 séances pour sortir d’une difficulté précise, mais il peut aussi s'étaler sur une douzaine de sessions, voire des années, car, à l’image des athlètes, tant que l’on se sent progresser, on a envie de poursuivre l’aventure.

La fréquence est habituellement hebdomadaire ou bi-mensuelle. Dès lors, contrairement à la psychanalyse par exemple, la durée moyenne d’un parcours de coaching est assez courte.

Combien coûte un coach ou une séance de coaching ?

Les prix varient suivant les formations, compétences et l’expérience du coach. Le tarif est fixé à la séance ou au forfait, et dépend aussi des missions, cadres d’action et déplacements éventuels.
Les conditions sont abordées lors de la première séance.

Quelle est la durée d’une séance de coaching ?

Une séance de coaching a une durée variable : parfois 45 minutes, souvent 1h, parfois 1h30 ou même 3h dans certains cas. Entre les séances, il y a souvent des exercices ou « tâches » à accomplir.

Quels sont des exemples de demandes formulées par des clients de coaching ?
  • « J’appréhende d’exprimer mon avis ou de prendre la parole en public ; cela m’handicape »
  • « Je désire changer d’orientation professionnelle »
  • « Je suis épuisé, je n’en peux plus. Suis-je proche du burn-out ? Comment l’éviter ? »
  • «  Ma vie manque de sens et de sel. Comment retrouver le goût de vivre ?
  • « Je passe tant de temps sur mes écrans. Comment m’en libérer ? »
  • « Je n’en peux plus de mes disputes de couple »
  • « Je voudrais perdre au moins 10 kilos et retrouver la forme »
  • « Je souhaiterais me réconcilier avec ma mère »
  • « Je viens d’arriver à la retraite (la pension, en Belgique), et je ne suis plus rien »
  • « Impossible de me faire respecter par mon supérieur »
  • « J’aimerais avoir plus de temps pour moi »
  • « J’aimerais développer mon leadership en tant que dirigeant »…
Est-ce que ça marche, le coaching ?

Une étude a été menée par HEC Executive Education en 2010 auprès de 400 cadres. Les réponses sont sans équivoque : pour 97 % des personnes qui ont bénéficié d’un coaching, c’est un approche à recommander. Et 75 % déclarent que le coaching a complètement ou largement atteint ses objectifs.

Quelles sont les formes de coaching les plus courantes ?

Coaching de vie (ou Life coaching) : le coach accompagne une personne qui souhaite faire progresser sa vie ou se sortir d’une problématique personnelle. Le coaching entre ici dans le champ du développement personnel et s’appuie sur de multiples techniques et ressources. L’objectif est que le client atteigne le plus rapidement possible le progrès souhaité, et qu’il recouvre son autonomie.

Coaching de dirigeant (ou Executive coaching) : coaching de cadres et dirigeants soumis à un enjeu professionnel, un excès de stress et un déséquilibre de vie.

Sans compter le coaching d’équipe, le coaching sportif, le coaching santé...

Comment choisir son coach ?

C’est une bonne question. Et il n’y a pas de règle. Le coaching est à la fois une science et un art. Une bonne pratique consiste donc à se faire une idée du niveau de compétence et d’expérience du coach, ou ses références, en particulier en relation avec la difficulté à laquelle vous êtes confronté.

Un critère essentiel de succès pour le coaching est la confiance. Lorsque vous consultez des informations sur ce coach, vous sentez-vous en confiance ? Lorsque vous lisez ou regardez cette personne en vidéo, avez-vous l’impression qu’elle pourrait vous comprendre, vous aider à prendre le recul nécessaire, à vous sentir mieux et à progresser ?

A-t-elle formalisé ses compétences, par exemple en publient des textes ou des livres ? Ou dans des vidéos ?

Une manière très simple de vous faire une opinion consiste à demander au coach d’avoir un premier entretien, à titre gratuit. Libre à vous, en fonction de celui-ci, de continuer ou de ne pas donner suite, simplement. Dans le premier cas de figure, demandez au coach de préciser « le cadre » du coaching, les tarifs, les conditions d’annulation, la confidentialité, les « méta-règles »…

En présence ou à distance

Là encore, il n’y a pas de règle. C’est comme vous le sentez. Chaque formule a ses avantages. Et des recherches montrent que les 2 formules se valent sensiblement en terme d’efficacité.

 

 

Photo : Annie Spratt / Unsplash 

 

 

Stupidité, curiosité et fainéantise : 3 qualités essentielles d’un bon coach

Stupidité, curiosité et fainéantise : 3 qualités essentielles d’un bon coach

J’ai découvert le coaching, il y a plus de 30 ans, quand j’ai enfin accepté « d’aller voir quelqu’un ». Pour obtenir ma confiance, il me semblait que ce coach devrait être intelligent, stratège, énergique… Avec l’expérience, puis mes multiples formations à ce métier, j’ai appris que les qualités requises en sont, de fait, les parfaits opposés [1].

Depuis, je cultive avec délectation 3 qualités formidables.

Un bon coach est stupide. Expliquez-lui ce qui vous amène et vos difficultés, il n’y comprend rien et vous demande de nombreux éclaircissements. Sa naïveté est enfantine.

Un bon coach est curieux. Il veut découvrir, comprendre… « Pourquoi continuez-vous à faire ça ? Et qu’est-ce qui se passe quand vous arrêtez de le faire ? Vous n’arrêtez jamais – pourquoi ? Qu’est-ce qui vous en empêche ? Et s’il ne vous était plus possible de le faire, qu’est-ce qui se passerait de bien ? Que pourriez-vous faire d’autre ?... »

Un bon coach est fainéant. Il ne réfléchit pas pour vous ; c’est à vous de le faire. Il ne vous propose pas de solution ; c’est à vous de les trouver. L’avantage, lorsqu’elles viennent de vous, c’est que vous y adhérez vraiment et que vous les mettez en œuvre. Enfin, il ne fait rien pour vous ; c’est à vous de vous y coller !

Fort de ces 3 grandes qualités, le coach vous aide à révéler le meilleur de vous-même. Votre vie commence alors à pétiller et votre entourage, vos projets en profitent aussi.

On en parle quand vous voulez, si vous acceptez de vous adresser à quelqu’un d’aussi stupide, curieux et fainéant que moi !

 

Esquisse réalisée par Molly

 

[1] Toute ma gratitude à Daniëlle De Wilde et au BAO pour cette précieuse précision.

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S’empuissancer ? Indispensable pour 2021 !  – Article publié par le quotidien L’Écho

S’empuissancer ? Indispensable pour 2021 ! – Article publié par le quotidien L’Écho

En prolongement de cf. mes conférences, le principal quotidien économique belge, L'Écho, a publié ici cet article sur l'empuissancement. J'y expose les raisons pour lesquelles cette capacité à renforcer par nous-même notre puissance est devenue si importante aujourd'hui.

La puissance humaine est la capacité d’un individu à modifier son environnement, à l’influencer pour obtenir ce qu’il désire, le plus rapidement possible. Selon le classement Forbes, Xi Jinping serait l’homme le plus puissant du monde. Mais il y a d’autres formes de puissance, plus utiles aujourd’hui.

"S’empuissancer", c’est faire grandir notre puissance individuelle au service d’un bien-être durable et partagé: respect des équilibres humains, sociaux, environnementaux, économiques. C’est aussi associer cette puissance aux actions collectives impératives face aux défis actuels et à venir. Pensez-y un instant: doté de la puissance d’action suffisante, qu’aimeriez-vous entreprendre en 2021? Quelle initiative rejoindre ou créer pour régénérer le monde, remettre en cause des idées ou systèmes obsolètes, et soutenir un saut de civilisation?

Les aléas liés à l’évolution accélérée du monde inquiètent, frustrent, mobilisent ou découragent. Ce sont autant de raisons de se responsabiliser davantage et de "s’empuissancer", pour soutenir ces changements cruciaux.

Agents de changements inspirants

Lorsque, pendant le terrible hiver 1954, Henri Grouès apprend qu’un enfant est mort de froid dans les rues de Paris, il est bouleversé. Le 1er février 1954, son intervention sur Radio-Luxembourg frappe l’opinion publique. Cet "Appel de l'abbé Pierre" lance un mouvement d’entraide qui ne cessera de croître.

Le 8 mai 1985, Richard von Weizsäcker, président de la République fédérale d’Allemagne, prononce au Bundestag un vibrant discours lors de la commémoration du 40e anniversaire de la fin de la guerre: "Quiconque ferme les yeux devant le passé ne voit pas le présent. Quiconque refuse de se souvenir de la barbarie se retrouve exposé à de nouveaux risques de contagion." Son appel à l’honnêteté, à "l’imagination et la générosité de cœur" accélérera le processus de réconciliation.

Le 20 août 2018, une jeune fille est assise seule devant le parlement de son pays, munie d’une simple pancarte, d’un sac à dos et d’une gourde. À 15 ans, Greta Thunberg entame une grève scolaire pour le climat. Elle ne sait pas encore qu’elle entre dans l’histoire, inspirant des millions de personnes, critiquée et haïe par d’autres, mais ne laissant personne indifférent.

À leurs côtés, nombreux sont les "agents de changements inspirants": Nelson Mandela, Simone Veil ou Gandhi, ou Jimmy Wales, Winston Churchill… D’où vient leur puissance d’impact?

Révéler notre meilleur potentiel

En physique, on nomme "énergie" la capacité d’un système à modifier un état ou à produire un travail, un mouvement, un rayonnement… La "puissance", quant à elle, désigne la capacité à fournir cette énergie par unité de temps.

Par analogie, la "puissance" d’une personne est sa capacité à transformer ou influencer un environnement ou un système, dans un temps donné.

"S’empuissancer", c’est développer notre propre puissance.

Environnement, santé, climat, démocratie, démographie, nationalismes, effondrement de la biodiversité et des ressources, digitalisation, IA, robotisation, burn-out… Les aléas liés à l’évolution accélérée du monde inquiètent, frustrent, mobilisent ou découragent. La conjonction de ces défis secoue nos organisations, nos pays, l’Europe, le monde. Ce sont autant de raisons de se responsabiliser davantage et de "s’empuissancer", pour soutenir ces changements cruciaux. Mais comment révéler notre meilleur potentiel?

3 leviers

Trois années de travaux avec l’expert en psychologie et neurosciences, Daniel Kerrigan, ont permis d’identifier 3 leviers principaux d’"empuissancement": nos "motivations", nos "états d’esprit" et nos "capacités".

Nous avons besoin de renforcer notre «motivation»à améliorer le monde et le rendre durable, harmonieux et partagé. Par exemple, en reconnaissant notre vulnérabilité, notre interdépendance. Nous nous ré-émerveillons alors devant la magie de la vie; nous nous ouvrons aux souffrances du monde et de l’autre, nous nous soucions de l’inquiétude et la colère de nos enfants. Ces sentiments généreront spontanément en nous une grande force de mobilisation.

En matière d’"états d’esprit", cultivons notamment l’espoir, l’apprentissage et la bienveillance. Ils ne sont pas innés, et les développer n’est pas instantané, surtout en période de crise. Une démarche méthodique s’impose.

Parmi les nouvelles "capacités" à développer, certaines sont contre-intuitives, comme la lucidité et l’humilité. Elles sont handicapées par les multiples bugs mentaux propres aux humains. La première étape est de reconnaître avec modestie notre imperfection. Puis pratiquons le "yoga mental". Assouplissant et affûtant notre esprit, nous nous libérons de la prison de nos certitudes et dogmes. Nous inhibons nos pensées automatiques, au profit de la curiosité, la nuance et la tolérance. Nos champs des possibles s’élargissent; notre créativité et notre engagement se renforcent.

Si les effets de cette triade sont souvent saisissants, ne nous "trumpons pas". Notre puissance n’a de sens qu’utilisée avec sagesse et générosité, au service d’un bien-être partagé et durable.

En cette période de chaos, l’"empuissancement" s’avère indispensable pour aborder 2021. Il est aussi une source de joie et d’élévation, sentiments trop rares en cette fin d’année, mais dont la contagion heureuse ne devra à aucun prix être entravée.